Je regarde la grande horloge postée au milieu de l’énorme Gare du Nord. Midi vingt. Mon regard est attiré vers le défilement des caractères dans le panneau d’affichage annonçant les prochains trains, celui-ci provoque une avalanche de cliquetis pendant plusieurs secondes. Le TGV part dans quelques minutes.
Mon téléphone sonne, c’est Kévin : « Yo Alain, ton train est à l’heure ? ». Sans réfléchir, je regarde une nouvelle fois le panneau et lui dit que j’arriverai au moment prévu. En raccrochant, je remarque un mec qui se dirige vers moi en me fixant avec le sourire :
- Hey, t’aurais pas 2 euros à me dépanner ?
Je le regarde sans rien dire, il est habillé d’un sweet shirt Eden Park vert et jaune, d’un jean troué Levi’s et son crâne rasé est coiffé d’une casquette Nike jaune. Voyant que je ne réponds pas, il reprend.
- Tu vois le problème c’est que j’ai besoin de prendre le prochain train pour… – il regarde le panneau d’affichage des prochains trains – Lorient et j’ai plus de thune, me manque juste 2 euros, tu vois ?
- Ouais je vois, mais là j’ai faim et j’ai juste assez pour me payer ce sandwich à 9euros, c’est un putain de vol. Je pointe du doigt la sandwicherie toute proche, un panneau publicitaire annonce « OFFRE SPECIALE –Sandwich + Boisson, SEULEMENT 9€ ».
Il pouffe de colère en partant et j’entends vaguement « Ouais c’est ça ».
Le TGV part bientôt. En m’approchant de celui-ci, je demande à une fille plutôt mignonne en robe noire si elle pourrait m’aider à trouver mon wagon. C’était sans compter sur sa copine qui, situé deux mètres plus loin, se retourne violement, comme si sa vie était en jeu, et me lance un regard foudroyant accompagnée d’un : « Regarde ton billet, il y à tous les détails dessus ». Okayyy, peace.
Je m’arrête pour prendre de la distance, sort le billet de mon sac et ouvre la canette de bière que j’ai acheté tout à l’heure. Me voilà dans le wagon, 1ère classe, siège 62. Je pose mon iPod sur la petite table en bois vernis devant moi et avale une autre gorgée de Heineken avant de la poser à son tour.
Je remarque une vieille dame qui me fixe bizarrement. Je la regarde quelques secondes, sa peau est sillonnée par les années, ses vêtements semblent avoir vécu bien trop de décennie et sa bouche se replie sur elle-même en raison d’une absence complète de dentition. Elle commence à parler, mais perdu dans mes pensées je n’écoute pas le début de sa phrase et j’embraye directement sur : « Vous me rappeler quelqu’un jeune homme… ».
-Ah oui ? J’arbore un sourire forcé et un ton faussement enjoué.
-Et bien – Elle s’arrête une seconde et ses lèvres remuent bizarrement dans le vide – ça va peut être vous paraître bizarre mais vous me rappelez Ralph, mon labrador mort il y a 2 ans… Son visage devient complètement gris et triste.
-Je…Oui effectivement c’est bizarre – Je lui réponds sur un ton plutôt surpris en secouant légèrement ma tête. J’attrape ma bière et la porte à ma bouche.
-Je ne pourrais pas l’expliquer, mais il y a vraiment quelque chose. Vos pommettes peut-être. Elle a l’air presque sûr d’elle, enfin c’est ce j’interprète en voyant ses rides du front remonter doucement.
-Peut-être oui, les labradors ont des pommettes – Je reprends ma respiration pour chercher mes mots – prononcées !
Qu’est ce que je peux raconter comme connerie.
-Excusez-moi il faut que j’aille au toilette. Je me lève en prenant toutes mes affaires.
-Comment ? Elle me dit en fronçant les sourcils, ce qui lui ajoute de nouveaux plis au visage.
-A bientôt, je reviens plus tard. En partant, je lui fais un signe de la main pour la saluer.
En avançant dans les wagons je trouve une place libre plus loin. Sauvé.
-
-
Un labrador ?
Pas mal Alain ! Le style est sympa et agréable à lire… Manque plus que tu fasses plus attention aux fautes si tu veux écrire un bouquin entier :p ! En tout cas c’est plutôt prometteur !
C’est le jour ou tu est venu chez moi ? ou c’est un autre Kévin ? Parce que tu m’avais pas raconté XD
Ouais c’est bien le jour où je suis venu !
Et tu vas nous faire croire qu’après une bonne bière au p’tit déj t’arrives à rester de marbre face à une grand-mère qui frôle l’insolence?
Nan Nan! La réalité en était toute autre! 2e scénario!
“Oh mon enfant! Comme vous avez de grandes pomettes! … Vous me rappelez Ralph, mon labrador mort il y a 2 ans
Alain-pompette et perplexe… “Je…oui effectivement c’est bizarre”
“Oh mon enfant! Comme vous avez tout comme lui de grands yeux!
- C’est pour mieux… te voir grand mère, répondit Alain un peu agacé.
“Oh mon enfant! Comme vous avez aussi de grandes oreilles!
- C’est pour mieux… t’entendre grand mère rétorqua Alain.
“Oh mon enfant! Comme vous avez le même grand nez!
- C’est pour mieux… te sentir grand mère… Oh mais! … Grand mère? En fait tu sais quoi? J’peux pas t’sentir! Tu sais comme t’as une p***** de grande gueule, toi? Alors tu pourrais pas m’lâcher, hein?”